Plan Littoral 21 Région Occitanie

Tapis rouge pour l’économie bleue

Signé le 10 mars 2017 par Bernard CAZENEUVE –alors Premier Ministre– et Carole DELGA –Présidente de la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée– le Plan Littoral 21 vise à construire l’avenir maritime de la région Occitanie. Le Plan définit les grandes lignes pour l’aménagement, la valorisation et la préservation du littoral, et ambitionne de booster l’économie bleue. Comme pour la plupart des grands projets territoriaux, la donnée spatiale et les applications innovantes qu’elle génère ont un rôle majeur à jouer dans pour contribuer à atteindre les ambitions affichées par les acteurs publics.
Sète et l'étang de Thau, image Sentinel-1

Un projet ambitieux à dimension territoriale

Le Plan Littoral 21 a pour ambition de façonner le littoral de la région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée du XXIème siècle. Il fixe une trajectoire de développement qui va au-delà des aspects touristiques pour inclure et irriguer l’ensemble du territoire régional, et vise à créer des synergies entre le littoral, les stations côtières, les espaces ruraux et naturels, le maillage des villes et villages de l’arrière-pays, jusqu’aux métropoles de Toulouse et Montpellier.

Les axes poursuivis par le Plan concernent plusieurs domaines : la modernisation des infrastructures portuaires et touristiques, la montée en gamme de l’hébergement, l’aménagement et la protection de la côte, le soutien à l’innovation…

Perspectives pour la donnée spatiale

Le Plan Littoral 21 se décline autour de trois thèmes :  la résilience écologique, le soutien à l’innovation et l’attractivité associée au bien vivre ensemble. Ces trois enjeux sont traduits en une vingtaine d’objectifs, dont un grand nombre pourrait intégrer des solutions basées sur les données et capacités spatiales. C’est le cas notamment des préconisations suivantes :

  • prendre en compte l’érosion du trait de côte et adapter les usages au changement climatique
  • lutter contre l’étalement urbain
  • développer des infrastructures de transports et des modes doux de mobilité
  • favoriser la préservation écologique des milieux littoraux
  • garantir un bon état des eaux marines et lagunaires
  • faire émerger une filière régionale d’éolien offshore flottant
  • renforcer la compétitivité des filières halieutiques
  • accompagner la transition agro-environnementale
  • structurer une offre touristique d’excellence
  • accompagner les innovations de rupture dans les filières maritimes
  • favoriser l’intermodalité pour accroître les trafics portuaires
  • valoriser le littoral comme territoire du bien vivre, d’histoire et de culture…

Grand Témoignage

Didier CODORNIOU
Maire de Gruissan, 1er Vice-Président de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée, Président du Parlement de la Mer

Le plan Littoral 21 a été signé en mars 2017. Les grandes lignes du plan ont été définies et les premières initiatives ont été financées et sont en cours de réalisation. Dans cette continuité, pourriez-vous nous faire part d’un bilan d’étape ?

Le premier bilan est dynamique et prometteur, le Plan Littoral 21 avance convenablement. En 2017, nous avons accompagné 33 dossiers et mobilisé 13 millions d’euros de financement (dont 4.67 État et 8.22 Région). Les dossiers retenus sont en phase avec les trois axes stratégiques fixés par le Plan et ont été répartis de manière équilibrée. Dans la continuité du Plan, nous avons déjà détecté plus de 100 projets susceptibles d’être accompagnés. Ceci montre l’engouement des différents acteurs pour le Plan, et témoigne de la créativité des porteurs de projet.

Quels sont les principaux objectifs poursuivis par le Plan pour 2018 ?

Le Plan va prendre de la force en 2018, avec un objectif 2018-2020 de 1 milliard d’euros de financements. En 2018, nous allons continuer sur la même trajectoire et nos objectifs stratégiques restent les mêmes : résilience écologique, économie innovante, littoral attractif. Les enjeux liés à la croissance bleue sont majeurs, la mondialisation des années à venir passera par la mer ; pour citer un exemple, rappelons que 90% des marchandises transitent par voie maritime ! Nous avons là un gisement d’emploi et de développement majeur, et la Région se doit de prendre sa place dans cette économie mondialisée pour devenir une puissance maritime de premier plan. Je pense notamment aux enjeux liés à l’éolien flottant, qui allient à la fois la dimension écologique, économique et innovante. Nous accompagnons actuellement deux plateformes expérimentales d’éolien flottant. Les porteurs de projets investissent chacun 200 millions d’euros par plateforme. A terme, l’objectif poursuivi est de transformer ces expérimentations en fermes industrielles. Il va sans dire que nos attentes par rapport aux résultats sont considérables.

Quelles sont, selon vous, la place et les perspectives des applications spatiales dans le projet ?

L’écosystème spatial est une chance pour la Méditerranée et pour l’économie bleue. Le littoral est soumis à des enjeux cruciaux : changement climatique, pression démographique, gestion environnementale, agressions de la mer (houle, tsunami, réchauffement), gestion des risques… Nous avons besoin de nouveaux outils d’aide à la décision pour gérer ces aspects, et nous comptons beaucoup sur les applications innovantes pour y parvenir. Je parle à la fois d’outils basés sur l’observation, mais aussi de solutions télécom ou liées à la sécurité.

Quel message souhaiteriez-vous faire passer aux entreprises fournisseuses d’applications spatiales ?

Malgré des perspectives plus que prometteuses, la donnée spatiale n’est pas encore une partie intégrante du projet Littoral 21. Pour l’intégrer, nous avons besoin de connaître les acteurs, de les rencontrer, d’échanger avec eux. L’économie bleue est un point crucial pour la Région, et elle passe aussi par une dynamique forte d’interactions avec la culture de l’innovation, dont le secteur spatial est imprégné. Pour faciliter cette intégration, nous avons souhaité organiser une réunion du Parlement de la Mer à Toulouse, berceau de l’écosystème spatial. En 2018 nous prévoyons d’y retourner avec les membres du Parlement pour qu’ils rencontrent les acteurs de l’écosystème et, si possible, des acteurs privés fournissant des applications opérationnelles.

Applications opérationnelles

Il existe de nombreuses applications qui permettent d’améliorer la gestion du littoral. C’est le cas par exemple des systèmes de surveillance et prévention développés par NOVELTIS, des services de surveillance des milieux aquatiques et littoraux proposés par I-Sea ou des technologies développées par CLS au service de la gestion durable des pêches, de la surveillance environnementale et maritime, ou de la gestion de flottes. En termes de sécurité et prévention de risques, nous pouvons également citer le système de suivi du littoral par satellite mis en place par Telespazio France. Si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter !

Plus d’un milliard d’euros pour financer des projets

Le Plan Littoral 21 prévoit la mobilisation de plus d’un milliard d’euros sur la période 2017-2020 pour des projets de modernisation et de développement équilibré des stations littorales, portés par les collectivités et les acteurs des territoires. Autant d’opportunités pour les entreprises innovantes et, dans ce cadre, celles intégrant des données satellitaires dans leurs produits et services. Ces perspectives se matérialisent notamment sous la forme d’appel à projets lancés par la Région Occitanie.

En 2018, le Plan Littoral 21 poursuit sa montée en puissance : 33 dossiers ont déjà été labellisés Plan Littoral 21, pour un accompagnement global de 13 M€ (plus de 8 M€ de la Région et près de 5 M€ de l’État).

Exemple phare pour 2018 : 210 M€ pour l’extension du port de Port La Nouvelle. L’enquête publique sera lancée début 2018.

Le saviez-vous ?

Le Plan littoral 21 s’inscrit également dans le projet d’aménagement régional du territoire (SRADDET), dont il constitue une composante. Les travaux de la commission régionale « Éviter, réduire, compenser » comporteront eux aussi un volet littoral et maritime et une réflexion particulière pourra être menée sur la mise en œuvre de compensations écologiques en lien avec les aménagements décidés sur le littoral, afin de conjuguer aménagement du territoire et respect des enjeux environnementaux. Dans ce cadre, le recours aux données satellitaires peut constituer une piste privilégiée pour identifier et définir les zones à caractère de « compensation ».