Pays des Portes de Gascogne

Applications satellitaires au service de l’excellence rurale et du développement des territoires
Fleurance-clocher-Eglise-St-Laurent
Clocher de Fleurance (32)
Raymond Vall
Échanges avec Raymond VALL
Sénateur du Gers, Président du PETR du Pays des Portes de Gascogne, Maire de Fleurance

En 2006, le Pays des Portes de Gascogne a été labellisé Pôle d’Excellence Rural pour le développement de son « pôle d’application des techniques satellitaires » (PATS), visant à démontrer l’intérêt des techniques satellitaires dans la gestion d’un territoire. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Le PETR (Pôle d’Equilibre Territorial et Rural) du Pays des Portes de Gascogne, qui regroupe 160 communes gersoises et 70 000 habitants, s’est effectivement porté candidat à l’appel à projets lancé par l’Etat en 2006 et a été labellisé pour son projet de « pôle d’applications des techniques satellitaires ». A l’époque, nous considérions déjà l’agriculture comme un acteur fondamental de la transition écologique. Pour accompagner nos agriculteurs vers des pratiques « plus propres », il fallait développer des outils de précision qui simplifient leur quotidien. Faire de notre Pays un territoire d’expérimentation des techniques satellitaires appliquées à la transition agricole et un territoire-test « grandeur nature » de l’application Farmstar s’est imposé naturellement.

Nous pensions aussi à développer le recours à l’imagerie satellitaire pour mieux connaître et préserver notre environnement naturel. Ce projet est désormais en cours grâce à un partenariat entre le PETR et Geosigweb, une PME qui développe une plateforme de gestion des données sur les milieux naturels et la biodiversité.

Enfin, dans le cadre d’une coopération territoriale urbain-rural innovante, le PETR du Pays des Portes de Gascogne et Toulouse Métropole s’engagent ensemble dans un « contrat de réciprocité ». Les deux territoires souhaitent soutenir l’innovation technologique au service de l’environnement et des entreprises de leur territoire, en devenant territoire d’expérimentation des techniques satellitaires (complétées par le drone) pour la détection des fuites sur les réseaux d’eau potable, la certification des terres agricoles en agriculture biologique et la gestion durable des espaces verts urbains.

Au regard de votre expérience, et notamment face aux enjeux qu’induit la Loi NOTRe, quels sont les domaines où l’apport de la donnée satellitaire vous semble le plus pertinent ?

Indéniablement dans les problématiques de gestion environnementale que je viens d’évoquer. Dans ce domaine, le satellite permet de produire des données pour l’observation des milieux aux longs cours, et de bâtir un système d’alerte rapide pour la sécurité des populations, dans le cas de la prévention des risques d’inondation par exemple.

Au-delà des transferts de compétences liés à la loi Notre (GEMAPI notamment), les technologies satellitaires constituent un outil stratégique d’aide à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Enfin, en tant que sénateur du Gers et Président de l’Association Nationale des Pays et PETR (qui fédère plus de 250 territoires de projets en France), je constate les contraintes liées à la « fracture numérique ». Pour les habitants des territoires ruraux très enclavés ou de montagne, l’enjeu des techniques satellitaires s’étend également aux télécommunications, où le satellite peut être une opportunité encore trop peu exploitée.

Parmi les ambitions du Pays des Portes de Gascogne, vous citez l’attractivité. En quoi pensez-vous que les applications innovantes peuvent être vecteur de développement économique ?

Disposer de moyens de télécommunications satisfaisants est une condition sine qua non à l’installation d’entreprises. L’assurance
d’une couverture mobile sans faille et de l’accès au très haut débit peuvent être plus déterminants que la densité de la desserte routière. Notre territoire, qui sera bientôt à seulement 3h de Paris Montparnasse, sera d’autant plus attractif qu’il pourra fournir aux nouveaux arrivants non seulement du très haut débit mais aussi l’accès aux données satellitaires indispensables par exemple au développement de services à la personne ayant recours au géopositionnement.

Il en est de même pour le secteur touristique. Le satellite permet de fournir des données de localisation et de guidage, de garantir la continuité des moyens de communication et d’alimenter une base de données au service de la promotion du territoire.