Kermap

La végétation urbaine à la loupe (satellitaire)

La Société Kermap est née de la rencontre entre un groupe de chercheurs spécialisés en imagerie satellitaire et le besoin de certaines collectivités de connaître de manière très précise la végétation urbaine et ses évolutions. La société Rennaise utilise la télédétection, croisée avec de la donnée scientifique, pour fournir des cartographies végétales à échelle très fine, allant jusqu’à l’arbre isolé. Ces informations sont accessibles via une interface gratuite ouverte à tous (collectivités et gestionnaires publics, mais aussi acteurs privés ou particuliers).
Extraction de la trame verte urbaine, Rennes

« L’objectif est de fournir une vitrine gratuite d’informations sur la végétation des grandes métropoles : pourcentage de végétation, comparaison entre quartiers, suivi des évolutions de la canopée… » L’intérêt de la donnée satellitaire dans ce contexte est pluriel : l’information fournie est précise, fiable et régulière (aspect essentiel quand il s’agit de suivre les évolutions). Sur cette base, de nombreuses couches d’information (végétalisation, climatologie, consommation foncière…) peuvent être extraites et automatisées, ce qui représente une vraie valeur ajoutée pour les collectivités et les services techniques, et un gain de temps considérable.

Les applications concrètes de ces cartographies

Les applications proposées par Kermap sont surtout orientées vers l’urbanisme.

Contribuer à la définition du SCoT et du PCE

Kermap peut fournir des diagnostics en termes de biodiversité, de climat, de qualité de l’air, de santé environnementale… pour aider à définir les volets environnement et climat de certains documents d’urbanisme tels que le SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) ou le PCE (Plan Climat Air Energie).

Identifier les quartiers à enjeux climatiques

Les cartographies climatiques permettent de repérer les zones sensibles, comme par exemple les îlots de chaleur urbains (endroits où la température est particulièrement élevée, notamment en période de canicule). Ce phénomène peut impacter négativement les habitants (fatigue accrue, risque de santé pour les populations fragiles…) L’identification précise de ces lieux aide les collectivités à mettre en place des actions de prévention, à définir d’éventuels besoins en infrastructures et aménagements, à ajuster certains projets d’urbanisme…

Recenser des jardins convertis en parkings

Une issue intéressante de ces cartographies est l’identification de la « bétonisation » de certains espaces verts. Ce travail, mené en relation avec les agences d’urbanisme, vise à repérer des maisons qui sont achetées pour être divisées en appartements, et où le jardin est souvent transformé en parking (avec la subséquente diminution d’espace naturel).

Mieux argumenter certaines décisions politiques

Souvent, les collectivités doivent prendre des décisions « fortes » pour faire évoluer leurs territoires. C’est le cas de la Ville de Rennes, qui a récemment décidé d’abattre 40 charmes anciens bordant le boulevard de de la gare pour les remplacer par des espèces moins imposantes (afin de gagner en luminosité) et pour limiter les nuisances liées aux étourneaux. Cette action a fait l’objet de protestations.

L’application de suivi de végétation urbaine a permis de démontrer que le taux de végétation en ville est en constante augmentation, et que le nouveau projet d’aménagement prévoyait autant de végétation que précédemment, et mieux adaptée à l’environnement de la ville. Ces informations ont aidé la collectivité à mieux communiquer sur l’intérêt de l’action, et ont eu un impact positif dans l’acceptation du projet par les différents acteurs concernés, y compris ses opposants.

La première version de la plateforme KERMAP est prévue pour la fin d’année.

Informations

Propos recueillis après d’Antoine LEFEBVRE, Fondateur Kermap
www.kermap.com  //  antoine.lefebvre@kermap.com

 

Échanges avec Emmanuel BOURIAU, Chargé d’études principal
Agence d’Urbanisme et de Développement Intercommunal de l’Agglomération Rennaise (AUDIAR)

L’AUDIAR accompagne les collectivités notamment sur des aspects liés à l’environnement, à la consommation foncière, à l’aménagement…

Pour réaliser nos activités, nous sommes régulièrement amenés à fournir des cartographies, et parfois la performance des moyens dits « classiques » (comme les données cadastrales) s’avère insuffisante.

Dans ce contexte, nous nous sommes intéressés aux images fournies par les satellites (télédétection). Ces technologies présentent une réelle valeur ajoutée pour différentes raisons. Tout d’abord, la finesse des images est considérablement supérieure. Les images issues de la télédétection nous permettent par exemple de discerner de quoi est composé le foncier : là où l’image cadastrale ne renseigne qu’une zone grise, l’image satellitaire détaille si la zone est composée à la fois de foncier (habitation, zone construite…) et d’espace vert (champ, jardin…) Ceci est essentiel car le taux d’artificialisation a une incidence directe sur l’imperméabilisation, le ruissellement des sols ou la fonctionnalité naturelle…

Autre avantage, le spectre de l’image satellitaire est plus large, ce qui permet non seulement de référencer mais aussi de définir le type et l’état de la végétation (arbres feuillus ou pas, zones soumises à stress hydrique…)

Actuellement, nous travaillons avec Kermap sur un projet de mesure du niveau d’artificialisation du territoire par l’urbanisation. Ce besoin émane des obligations légales décrites dans les documents d’urbanisme. Pour y répondre, la télédétection est une piste très pertinente et une solution efficace. Ce projet est déployé sous forme de démonstrateur à l’échelle d’un département. S’il s’avère concluant, il pourrait être étendu à d’autres collectivités.

e.boriau@audiar.org – 02 99 01 86 40
www.audiar.org