Green Tech Verte

Le spatial en mode « green »

La Green Tech Verte est une initiative impulsée par le Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, visant à encourager des projets alliant les dimensions numérique et écologique au service de la transition énergétique. Depuis son lancement, différents appels à projets ont été organisés pour identifier les idées les plus prometteuses. Parmi les lauréats, il existe plusieurs initiatives basées sur des technologies satellitaires. Des projets précurseurs qui intègrent un secteur en émergence, augurant des perspectives encourageantes au service de l’environnement et des territoires, et répondant parfaitement aux schémas contemporains de conception de l’innovation.
Feu de forêt à Fort McMurray - Canada - 2016
Feu de forêt à Fort McMurray - Canada - 2016

Parmi les projets récompensés par la Green Tech Verte, certains font appel à la géolocalisation et à la notion de temps réel. Mais le potentiel satellitaire va bien au-delà de ces composantes, comme
le montrent EarthCube et Agreenculture, deux initiatives récompensées utilisant des applications satellitaires de pointe.

EarthCube, une fenêtre vue sur Terre

EarthCube offre des solutions de surveillance à partir de CubeSat (nano-satellites de très petite taille) pour le suivi et la sécurité de pipelines, l’optimisation de voies maritimes et de plans de vol, la prévention de catastrophes naturelles… Renaud Allioux, co-fondateur de la jeune pousse, nous fait partager son avis sur le potentiel des technologies satellitaires au service de l’environnement. « Les issues environnementales pour les applications satellitaires ne manquent pas, notamment concernant l’observation de la mer : analyse des courants, tracking des bateaux, gestion des ressources et de la pêche… Dans tous ces domaines, les technologies satellitaires sont essentielles, car les zones à observer sont immenses et très compliquées à analyser en l’absence de repères. »

Un outil précieux pour la prévention et la gestion de risques

Côté terrestre, les perspectives offertes par l’applicatif satellitaire sont nombreuses et concernent étroitement la prévention et la gestion de risques : suivi de la forêt, prévention d’incendies… M. Allioux présente ce potentiel : « La télédétection permet de surveiller des grandes étendues, tout en offrant la possibilité d’analyser le territoire dans le détail avec des précisions centimétriques. De plus, elle nous affranchit de certaines contraintes liées aux avions, comme les autorisations de survol ou les surcoûts de passage régulier. Les satellites, une fois en orbite, survolent les territoires de manière cyclique sans engendrer de surcoût. Grâce à cette régularité et à cette précision, nous pouvons détecter des événements comme les inondations ou les feux de forêt très précocement, les analyser finement, et agir ainsi de manière rapide, ciblée et efficace. »

Centéol, un petit robot la tête dans les étoiles

Agreenculture, jeune start-up spécialisée dans l’agriculture de précision, a développé Centéol, un robot autonome et connecté faisant appel à des technologies satellitaires de précision pour les fonctions de géolocalisation et de guidage sub-centimétrique, de signature spectrale, de prévision météo… Christophe Aubé, Président d’Agreenculture, confirme le potentiel des technologies spatiales dans le développement de procédés innovants : « Grâce aux technologies satellitaires, souvent combinées à d’autres procédés, nous pouvons atteindre des degrés de technicité et de précision inédits pour l’agriculture. Le potentiel est extraordinaire. »

Relevés topographiques précis à coût maîtrisé

La jeune société utilise la télémesure pour proposer aux collectivités des relevés topographiques effectués de manière simple et à moindre coût. Grâce au géopositionnement, Agreenculture est en mesure de fournir des mesures ou des tracés de manière très précise, et d’avancer des préconisations sur les endroits où positionner différents éléments (poteaux, arbres, panneaux, clôtures…) tout en épousant les contraintes du terrain (pente, orographie…). Dans ce cadre, le satellite permet en plus de s’affranchir de l’outillage au sol (cordage, mesures, matériel…), réduisant ainsi les coûts de fonctionnement, le temps d’intervention et les aléas liés au risque, à la météo, aux retards…

Les besoins : soutien institutionnel et données exploitables

Pour les Start-ups, le déploiement de ces technologies reste complexe et le soutien des institutionnels est indispensable. M. Aubé commente : « Nous, start-ups industrielles, avons grand besoin de soutien institutionnel : conseil technique, accompagnement aux essais, mise à disposition de matériel et d’infrastructures… Les coûts de fonctionnement sont trop importants, nous ne pourrions les supporter seuls. » Une autre clé dans la réussite de ces initiatives réside dans la mise à disposition de la donnée par le instances publiques. Renaud Allioux, d’EarthCube, étaye cet enjeu majeur : « L’ouverture de la data est une mine d’or pour créer des nouveaux business. Mais il faut que la donnée soit exploitable : elle doit être bien référencée et accessible, à la portée des petites structures. Si elle est trop lourde ou compliquée à télécharger, si elle consomme trop de bande passante, elle ne servira pas aux start-ups, et au final ce seront les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) qui en profiteront, comme c’est malheureusement souvent le cas. » A bon entendeur…

Informations

Agreenculture – www.agreenculture.net

EarthCube – www.earthcube.eu

Green Tech Verte – www.developpement-durable.gouv.fr/Greentech-verte.html