Former à la Télédétection

Filière d’avenir... et d’excellence

Depuis 9 ans, l’Université de Rennes 2 et Agrocampus Ouest proposent à des élèves de plus en plus nombreux un Master en télédétection. Avec la démocratisation de l’accès à la donnée spatiale et la généralisation progressive des usages, l’offre de formation devient non seulement une nécessité, mais aussi un levier d’avenir qui s’affirme avec détermination. La dernière preuve de cette tendance positive, un taux d’employabilité de 75% pour les élèves issus de la promotion 2015 du Master.
Image satellite
Construire des usages à la télédétection

La télédétection offre un potentiel considérable dans de nombreux domaines. Cependant, les bénéfices demeurent sous-exploités. Pour offrir à la télédétection la place qu’elle mérite au sein de l’écosystème professionnel, il convient de proposer aux futurs acteurs une offre de formation solide, pertinente et adaptée. Cette formation doit couvrir l’ensemble de la chaîne de la valeur, et rester fidèle aux attentes et aux exigences des services utilisateurs.

Compléter la chaîne de la valeur

Il existe plusieurs Masters associés à la télédétection en France. Pour la plupart d’entre eux, la télédétection fait partie du programme, mais ne constitue pas la thématique centrale du cursus. La particularité du Master proposé par Agrocampus Ouest en lien avec l’Université de Rennes 2 réside dans le fait que la télédétection est au cœur du projet pédagogique, et qu’elle est explorée et analysée en profondeur.

Pour que les étudiants acquièrent des compétences en adéquation avec les besoins « terrain », il ne suffit pas de leur apporter des connaissances en télédétection. Il est également essentiel d’élargir le spectre pédagogique à toute la chaîne de la valeur : fournir des bases solides en informatique, apprendre aux élèves à manipuler les SIG et les bases de données, leur apporter des compétences en matière de Web et d’usage IDS/IDG (infrastructures de données spatiales et géospatiales), les familiarises avec l’analyse des statistiques spatiales, leur apprendre le codage Python…

Connaître les besoins des professionnels

Pour concevoir des formations conformes aux exigences du marché, la connaissance des attentes des acteurs professionnels est essentielle. Agrocampus Ouest et l’Université de Rennes 2 sont en contact direct avec des laboratoires, des collectivités, des entreprises… pour assurer le transfert de ces besoins vers leurs programmes pédagogiques.

Durant le Master, les étudiants travaillent en groupes sur des projets professionnels au sein de différents organismes (GéoBretagne, l’INRA…) : ils effectuent un état des lieux des usages et des besoins, ils choisissent une thématique concrète et réelle et imaginent un démonstrateur répondant à cette problématique.

La pédagogie par projets utilisée par le Campus est très formatrice, et permet aux étudiants non seulement d’acquérir des connaissances sur des cas réels, mais également de développer des compétences de réflexion, d’analyse et de réactivité qui leur seront précieuses par la suite.

Jean Lhuissier

Ludovic LHUISSIER
Directeur de l’innovation et des systèmes d’information
Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG)

Nous avons accueilli un étudiant issu du Master en télédétection proposé par l’Université Rennes 2 et Agrocampus Ouest au sein de la CACG. Dans notre structure, nous avons besoin de mobiliser des informations spatialement explicites et géoréférencées. Pour cela, il est nécessaire de maîtriser les outils SIG et de géomatique. En parallèle, le Web étant devenu un media incontournable, nos équipes ont besoin de posséder une bonne maîtrise de cet outil. Enfin, les perspectives d’accès simplifié à des données de télédétection à haute résolution spatiale et temporelle (programme Copernicus) nous ont incité à investir dans la compréhension de cette technologie. Dans ce cadre, le programme du Master répond à nos besoins.

Le profil du candidat était très intéressant : il possède une formation technique solide en géomatique et télédétection. A cela s’ajoutent des compétences informatiques importantes : il est capable de traiter les données, de programmer et maîtrise le Web, ce qui répond parfaitement aux besoins contemporains. Enfin, lors d’une soutenance devant quelques partenaires de R&D, il a effectué une présentation très percutante et très claire devant différents experts, dont des chercheurs du CESBIO. On sentait bien qu’il avait déjà été mis en situation, c’était un point positif pour nous. Nous avons été tellement satisfaits de sa prestation globale (à la fois technique et comportementale), que nous avons décidé de l’intégrer à l’équipe en lui proposant un contrat de travail à l’issue de son stage.

Une inversion dans la tendance

Auparavant, la télédétection était très associée aux SIG, et ne générait pas des emplois à part entière. Depuis plusieurs années, nous constatons une inversion dans cette tendance. Certaines structures commencent à « consommer » et traiter directement de la donnée satellitaire : des coopératives agricoles et viticoles, des organismes d’urbanisme… La télédétection devient progressivement une discipline à part entière au lieu d’être considérée comme une branche particulière de la géo-information. Dans ce nouveau paradigme, le nombre d’emplois afférents augmente, et les besoins en formation spécifique croissent.

Un taux d’employabilité important

Une des clés de succès de ce Master réside dans l’adéquation entre le programme pédagogique proposé et les besoins ultérieurs des professionnels. A l’issue du Master, un stage est prévu pour chaque étudiant. Les retours des maîtres de stage sont analysés attentivement pour évaluer les résultats. Globalement, les rapports sont très positifs, et le taux d’employabilité des élèves particulièrement élevé : pour la promotion 2015, 75% des élèves ont été embauchés directement suite à leur stage. A ceci s’ajoute le fait que les emplois générés par le domaine du spatial sont des emplois à très haute valeur ajoutée, ce qui fait de la filière un levier très privilégié en matière de croissance et de création d’emploi.

Informations

http://geoinfo.agrocampus-ouest.fr/

Master géomatique- image

 

Donatien Dallery

Donatien DALLERY
Etudiant issu du Master en Télédétection
Promotion 2015. En poste à l’INRA Toulouse

J’ai suivi un cursus initial en BTSA Gestion Forestière durant lequel j’ai été initié à la géomatique. Fortement intéressé par ce domaine, j’ai poursuivi mes études via la licence professionnelle en traitement de l’information géographique. Dans ce cadre, j’ai assisté à une journée de formation en télédétection. Je ne connaissais pas la pratique, et j’ai trouvé que le potentiel par rapport à mon projet professionnel était énorme. J’ai donc décidé de compléter mes études avec ce Master.

Le Master IMAGE m’a apporté des compétences complémentaires d’une grande valeur, aussi bien dans la gestion forestière que dans d’autres domaines tels que l’urbanisme, l’environnement, l’évolution des paysages…

Au cours de ce Master, j’ai effectué deux stages et il s’est avéré que la télédétection a pris une place centrale mon exercice professionnel. Le potentiel est tellement important que finalement les 3 années d’études BTSA-Licence sont passées au deuxième plan.

Suite à mon dernier stage à l’INPT ENSAT – UMR DYNAFOR-INRA, j’ai été recruté pour un contrat de plusieurs mois. La télédétection continue d’occuper un plan central dans mon exercice professionnel. Si je n’avais pas effectué ce Master, je me serais arrêté en Licence.

L’intégration de la télédétection dans mon bagage professionnel a marqué un tournant dans mon parcours, et m’a ouvert des perspectives très intéressantes. Cette journée de formation au cours de ma Licence a été une véritable chance. Sans elle, je n’aurais probablement jamais entendu parler de ce domaine.

 

Informations

Propos recueillis auprès de :

Hervé NICOLAS – Directeur de recherche – Agrocampus Ouest

Samuel CORGNE – Professeur en Géographie à l’Université Rennes 2